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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 21:18

L'Egypte livre enfin ses secrets...

Site Internet:

http://admeo-enfant-du-nil.site.voila.fr

 

Un roman à la fois humaniste et captivant, instructif et intrigant.

Le titre:  Il m'a appelé Admeo.

L'auteur:  Jean-Claude Blanchard

Editions SDE

ISBN: 2-7480-2127-4 

252 PAGES - 501 grammes

Cet ouvrage est disponible:

- dans toutes les librairies,

- sur les sites internet suivants (liste non exhaustive):

http://www.alapage.com

http://www.chapitre.com

http://www.fnac.com

http://www.auchan.fr

http://www.priceminister.com

http://www.furet.com

http://www.amazon.fr

http://www.lalibrairie.com

http://www.lexilogos.com

http://www.livre-francais.com

http://www.abebooks.fr

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Par Jean-Claude Blanchard - Publié dans : admeo
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 21:17

Alors que le pharaon Menei célèbre le retour de la saison de l’inondation, une tragédie bouleverse le destin d’un enfant du Nil, Admeo.

A Paris, Paul se réveille dans une chambre d’hôpital. Sa première pensée est pour Laura, sa compagne. Mais à son chevet, un inconnu l’appelle Admeo et lui révèle la réalité : Paul sort d’un profond coma dans lequel il est resté plongé pendant très longtemps. Pourtant, son corps n’a pas vieilli. Laura est morte depuis de nombreuses années.

Admeo découvre un monde nouveau, et apprend que Laura a disparu sans laisser aucune trace de son existence. Décidé à éclaircir ce mystère, il mène une enquête qui le conduit en Inde, puis en Egypte.

Mais c’est dans les profondeurs des sables du désert, au seuil de la nuit des temps, qu’il va faire l’incroyable découverte et comprendre sa destinée.

Par Jean-Claude Blanchard - Publié dans : admeo
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 21:16

C’était une matinée froide, un jeudi du mois de mars de l’an 2000. Ce jour-là, quand j’ai traversé la rue, mon destin a basculé.

J’ai un prénom inhabituel. Ce prénom, je n’ai pas l’air de le porter et je pensais qu’aujourd’hui, j’étais le seul à le connaître.

Un homme vêtu d’une étrange combinaison immaculée quitte la pièce où je suis étendu, entouré d’appareils inconnus. Il a répondu à ma question :

“Non, Admeo, tu n’as pas eu de transfusion sanguine. Le sang qui coule dans tes veines, c’est ton sang.”

Puis il a ajouté :

“Admeo, tu as eu un accident. Il y a longtemps. Très, très longtemps.”

Depuis des siècles, personne ne m’avait appelé Admeo.

Par Jean-Claude Blanchard - Publié dans : admeo
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 21:14

...
Au bout d’un long moment, deux autres gardes royaux viennent me chercher et me conduisent dans un dédale de corridors décorés de fresques célestes. Figés pour l’éternité en colossales statues, prononçant leurs paroles de vie gravées dans le granit, dieux et déesses nous accueillent dans une nouvelle salle encore plus immense et majestueuse. Au centre, Amon, le dieu suprême coiffé de sa couronne surmontée de deux plumes. A sa droite, Apis porte le disque solaire entre ses cornes. A sa gauche, Hor à tête de faucon, le fils d’Osiris et d’Isis. De part et d’autre, je reconnais Bastet, Geb, Hathor, Isis, Maât, Min, Osiris, Ptah… Tous les dieux et déesses du panthéon montent la garde, sous le plafond peint à l’image de la voûte céleste dans laquelle se découpent des représentations flamboyantes de la déesse du ciel, des astres, des planètes et des décans. Au centre, sur une dalle de granit poli, illuminé par les rayons chatoyants du soleil qui pénètrent dans la salle au moyen d’une ouverture spécialement percée pour lui dans la muraille, domine un mirifique siège en or massif, entouré de fleurs de lotus bleues et blanches, surmonté d’un baldaquin orné de plumes d’autruches. Je suis dans la salle du trône royal...

*********************************

...
Il y a quelques minutes, juste après mon réveil, un inconnu s’est penché sur moi. Il m’a parlé avec un drôle d’accent et m’a appelé Admeo. Sur le coup, je me suis dit :
- Il t’appelle Admeo, c’est normal. Admeo, c’est ton nom.
C’est pourtant vrai. Admeo, c’est le nom que mes parents ont choisi quand je suis né. Mais dans ma vie actuelle personne ne me connaît sous ce nom. Personne, j’en suis certain. Il y a très longtemps qu’on ne m’a pas appelé Admeo. D’ailleurs aujourd’hui, on ne peut pas m’appeler Admeo, puisque personne ne sait que je m’appelle Admeo.
Pas même Laura.

L’homme que je ne connais pas mais qui me connaît, lui, puisqu’il m’a appelé Admeo, m’a fait comprendre que j’avais eu un accident. Et surtout, il m’a dit qu’on ne m’avait pas fait de transfusion sanguine. Non seulement il me connaît, mais il me connaît bien, l’inconnu. Même mes proches ignorent mon véritable nom. Même mes proches ignorent mon secret lié à la transfusion de sang.
Même Laura.

Puis il a ajouté, juste avant de quitter la pièce :
- Il y a longtemps. Très, très longtemps...

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...
- Et pendant tout ce temps-là, effectivement, reprend Ludek, les prévisions les plus pessimistes des climatologues se réalisaient. Le climat de la Terre changeait et continuait sa ronde de perturbations catastrophiques. C’était devenu du concret ! Une spirale infernale amorcée à la fin du XXème siècle et accentuée tout au long du XXIème. Des ouragans dans des régions jusque-là épargnées, la sécheresse qui s’aggravait en Afrique et touchait des pays tempérés... Dès le début des années 2020, des glaciers de montagnes et la calotte glacière du Groenland commencèrent à fondre lentement, mais inexorablement. En 2042, la calotte glaciaire de l’Antarctique Occidental se déstabilisa. Il s’ensuivit une élévation du niveau des océans de dix centimètres en moyenne tous les cinq ans. Les régions côtières, qui abritaient les deux tiers des grandes villes du monde, subirent des ondes de tempêtes, des raz de marée, des inondations. Au début, ce furent les pays pauvres qui payèrent le plus lourd tribut....

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...
- Et les forêts ?
- Les forêts reculaient. La hausse des températures affaiblissait les arbres et faisait proliférer les populations d’insectes nuisibles.
- Tu oublies les incendies, ajoute Loubna !
- Mais on ne reboisait plus ? Vers la fin des années 1990, des programmes de reboisement avaient été mis en place.
- Si ! Pour se donner bonne conscience, rétorque Loubna ! Les Hommes avaient entrepris des reboisements. Mais ils n’avaient pas compris que dans certains cas, la forêt était un acquis de l’histoire des climats du passé. Ils n’avaient pas compris que les forêts coupées ne se régénéraient plus à cause de la modification du climat.
Loubna en veut vraiment à ses aïeuls. Excitée, elle prend la bouteille de champagne qui repose dans la glace, remplit son verre et le boit d’un seul trait. Puis, en prenant soin de bien articuler :
- La forêt originale ne repoussera jamais, Admeo. Tu entends ? Ja-mais !
Pendant que Loubna se remet de son verre de champagne, que Floreal la regarde d’un air compatissant, Ludek reprend la conversation.
- A la fin du XXIème siècle, la forêt tropicale avait presque disparu de l’Afrique occidentale, du Sud asiatique et des Caraïbes. La forêt boréale, victime des feux, des ouragans et des inondations se mit à dépérir. Le réchauffement, tout d’abord ressenti dans les régions du nord, fit disparaître la moitié des forêts nordiques de Russie, du Canada, de l’Alaska et des pays scandinaves.
- La rapidité des changements climatiques a surpris la forêt, poursuit Loubna, à nouveau calmée. Elle était habituée depuis des milliers d’années à des changements climatiques très lents qui permettaient l’adaptation des espèces.
- Mais alors, que s’est-il passé en 2050 ?...

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...
Djadjamankh effectua la toilette divine en entourant Osiris de fumigations d’encens, puis il s’écria : « L’Horus Menei est maintenant un être justifié, il a un corps de lumière à jamais incorruptible et il devient un Osiris que Râ anime de sa lumière. Râ repose en Osiris et Osiris repose en Râ. Osiris est hier et Râ est demain. La vie engendre la mort et la mort engendre la vie selon un mouvement qui n’a pas de fin ni de début. » Le Haut-Prêtre sortit du sanctuaire la réplique de l’embarcation sacrée, la barque Neshmet, ornée d’or et de pierres précieuses incrustées dans le bois, plaça la barque à côté du sarcophage et récita des formules magiques. Ensuite, il déposa les couronnes de Basse et Haute Egypte sur la tête d’Osiris. Le fils du roi lui-même, Hor-Ahâ-Den, procéda au rite de l’Ouverture de la bouche, destiné à rendre au roi défunt tous les sens, et exhorta son père à renaître à la vie. « Revis ! Tu es redevenu jeune ! Tu es jeune à nouveau et à jamais ! » Quand le Haut-Prêtre Djadjamankh considéra que l’âme du pharaon était revitalisée et que la transmutation du corps mortel en être de lumière était accomplie, le lourd couvercle en or massif du cercueil fut scellé, puis il fut placé dans deuxième cercueil un peu plus grand, réplique exacte du premier, scellé avec des sceaux d’or. Et ainsi de suite. Le cercueil en or massif de Menei fut enfermé dans huit autres cercueils en bois d’ébène, incrustés parfaitement les uns dans les autres. Le dernier cercueil était doré à la feuille d’or et orné de pierres précieuses. Sur son couvercle, le pharaon était représenté allongé, les yeux grands ouverts, visage serein, les mains croisées sur la poitrine et serrées sur Nekhekh, le fléau et Heka, la crosse. L’ensemble de cercueils emboîtés fut déposé au centre de la chambre funéraire, à l’intérieur de l’énorme sarcophage de granit rose orné de grands yeux oudjat et de l’image de la déesse Nout. Lorsque le dernier rite funéraire fut achevé, le fils du pharaon, Hor-Ahâ-Den, le nouvel Horus, fils d’Osiris, ferma et scella lui-même la porte de la demeure d’éternité de Hor-Menei. La Porte Eternelle bâtie sur les confins de l’éternité qui devait marquer le début d’une vie sans terme. Ainsi l’aventure de la résurrection de l’Horus-Menei-devenu-Osiris pouvait commencer, dans la nuit transfigurée du tombeau et sous le ciel étoilé d’Egypte. Puis Ahâ-Den, à l’âge de dix-neuf ans, monta aussitôt sur le trône et devint Horus, pour continuer à maintenir l’ordre cosmique...

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...
Nous avons creusé dans la caillasse et le sable sur une profondeur de dix-sept mètres, sans relâche pendant cinq jours, au point précis indiqué sur la carte de Tani, à cinquante-deux kilomètres au sud-ouest d’al Qasr. Vers le milieu de la matinée du sixième jour, la pelle de Ramon a heurté un bloc de pierre qui semblait obstruer une cavité. Un explosif léger placé dans un trou foré en son centre nous a permis de venir rapidement à bout de cet obstacle. Aussitôt après la déflagration, nous avions le visage fouetté par un souffle d’air chaud dégageant une odeur fétide qui s’échappait d’un escalier sombre s’enfonçant dans les ténèbres.

- Bienvenue dans le monde d’en bas ! s’exclame Tani. Voici le premier passage du dieu....

Par Jean-Claude Blanchard - Publié dans : admeo
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 21:11

«Une plongée dans l’Egypte ancienne qui nous fait prendre conscience du monde dans lequel nous vivons et que nous laisserons en héritage à nos enfants.»

«Une intrigue étonnante.»

«La découverte de notre planète par un homme de l’Egypte antique qui a traversé le temps.»

«Faut-il y voir de l’optimisme dans le genre humain ou un rappel à l’ordre urgent quant aux bouleversements du monde ?»

«Roman initiatique, roman d’anticipation, roman historique, le livre n’hésite pas. Il mêle les genres dans un style épuré, où l’aventure se forge sur une base documentaire
exceptionnelle.»

«N’hésitez pas à vous plonger dans l’intrigue que Jean-Claude Blanchard dénoue au fil des pages. Quant à l’issue du livre…»

«On ne peut pas lâcher le livre avant de l'avoir fini.»

«De nombreuses surprises et rebondissements tout au long du récit.»

«Pour ceux qui connaissent l'Egypte, on refait une partie du voyage et on a envie de repartir.»

«Un roman fascinant où passé présent et un futur plausible s’entrecroisent à travers le personnage d’Admeo.»

«Le vrai héros, c'est l'auteur.»

«Roman très passionnant qui sait tenir le lecteur en haleine.»

«Le livre nous fait réfléchir sur l’avenir de notre planète et la déraison humaine.»

«Un livre accessible à tous car écrit simplement. Les descriptions sont faites avec des mots bien choisis et on s’imagine tout de suite les images que l'auteur a voulu faire passer, les chapitres s’enchaînent avec un suspens insoutenable, l’histoire a été imaginée avec beaucoup de brio.»

Par Jean-Claude Blanchard - Publié dans : admeo
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 21:04

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Par Jean-Claude Blanchard - Publié dans : admeo
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 20:59

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Admeo et Nefertiti

 

Un voyage initiatique et bouleversant sous le règne d'Akhenaton, le pharaon hérétique et sa sublime épouse, la reine Nefertiti... ***********

On dit que nul ne connaît les circonstances de la mort de Nefertiti.

Mais est-elle morte ?

******************

On dit que Nefertiti est "la grande épouse royale".

Mais est-elle épouse du souverain ou souverain elle-même ?

******************

On dit que le visage de Nefertiti fascine.

Moi, Admeo, je vois un visage fragile et rayonnant. Un visage d’une grande beauté. Un visage qui semble avoir été créé par les doigts d’un sculpteur. Un visage unique. Un visage pensif et un peu triste, qui s’illumine au premier sourire comme un lac en plein soleil. Un visage dont les deux ovales des yeux sont d’un noir de jais, profonds, sous des sourcils ailés et rapprochés qui lui donnent l’air pensif ou préoccupé. Un visage à la fois réfléchi et débordant d’énergie. Un visage à la peau lisse, aux joues dorées et au teint hâlé comme les méditerranéennes. Un visage donnant l’impression qu’elle n’appartient qu’à elle-même.

Par Jean-Claude Blanchard - Publié dans : admeo
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 20:54

Humanité chérie, je voulais te dire que je vais te quitter. Je vais me séparer de toi parce que je ne t’aime plus. Si je t’avais encore aimé un peu, j’aurais attendu que mon heure vienne, mais mon amour pour toi s’est éteint. Alors je vais partir.

Je t’ai pourtant aimée, tu sais, avec tes défauts et peut-être même pour tes défauts. Mais je les ai vus lentement se transformer en faiblesses, en vices et enfin en lâchetés. A vrai dire, c'est peut-être aussi parce que j'ai changé ma façon de te percevoir. Peu importe. Le résultat est là. Je n'arrive plus à t'aimer. C'est arrivé comme ça, petit à petit. Alors, mieux vaut en finir.

Tu me demandes pourquoi, Humanité chérie ? Je vais te le dire.

Parce que j’ai froid à ton contact. Tu prétends réchauffer les tiens mais tu oublies que le froid glacial peut brûler lui aussi. Tous ceux qui veulent te comprendre restent collés au métal givré de tes armes. Après, tu les appelles des écorchés, parce que leur chair dégouline autour de toi. Tu distribues des valeurs au gré de tes caprices. Tu ne reconnais du talent qu’aux joueurs d’esbroufe et tu ignores les vraies compétences. Comme on ne peut pas arrêter une machine qui tire son énergie de l'essence humaine, tu assassines tes adversaires.

Je sais, Humanité chérie, ce ne sont que des mots. Mais qu'as-tu d'autre à proposer, toi qui n'arrives pas à comprendre ma sensibilité, mes centres d’intérêts ? Tu vas encore faire semblant d'être étonnée ! Tu prétendras être peinée pour moi, parce que je n'arrive pas à m’intégrer comme tout le monde, parce que je me prends la tête pour pas grand’chose. Mais toi, tu te la prends, la tête ? Tu existes par réflexe, tu travailles par nécessité, tu aimes par habitude, tu procrées par coutume, tu votes par devoir. Sais-tu seulement ce que le mot plaisir signifie ? Sais-tu ce qu'il implique ? Le plaisir, tu ne le pratiques que par doses homéopathiques. Et entre deux orgasmes simulés, tu t'impatientes, tu te déclares en manque d'affection.

Pour déléguer ta volonté de vivre, Humanité chérie, tu vas au temple, à l'église, à la mosquée, à la synagogue. Tu te laisses trop facilement convaincre par le fanatisme de ceux qui parlent plus fort. Tu vas au cinéma pour vivre tes émotions, tu regardes les autres dans la lucarne magique pour vivre ta vie par procuration, tu manges sans avoir faim par compensation pour ceux qui ont réellement faim.

Tu trouves que les réflexions philosophiques, éthiques, scientifiques, historiques ne sont pas intéressantes alors tu préfères en laisser l'usage à ceux qui aiment ça. Tu n'auras d'ailleurs jamais le courage de dire à haute voix ce que tu penses d’eux. Selon toi, ils mentent forcément, ils font ça seulement parce que c'est leur métier. Et tu as raison. Le plus souvent, ils sont comme toi. Ils se mentent d'abord à eux-mêmes, pour rendre leur situation supportable. Ensuite, la conscience tranquillisée, ils mentent au monde qui les entoure, pour rester cohérents avec leur personnage et pour mieux résister à l'hostilité des autres. Car les autres sont toujours hostiles, n’est-ce pas ? Tu t'emportes contre la résistance des autres, qu'il s'agisse de simples objets, d'animaux ou d'êtres humains. Tu méprises leur mépris. Tu t'arroges le droit de les mépriser, puisqu’ils te méprisent. Si on te demande pourquoi tes chrétiens détestent tes musulmans, tu réponds que c’est parce que tes musulmans détestent tes chrétiens.

 

 

Tu dis souvent qu'il faudrait tout recommencer à zéro. Mais si tu disposes des moyens pour tout détruire, disposes-tu des moyens pour reconstruire en mieux ? C'est cette idée noble qui te donnerait la force de tout détruire. Donc, tu détruirais. Il ne resterait rien. Il ne resterait qu’un tas de cendres. Tu resterais calme, puisque tu aurais ta conscience pour toi, comme toujours. Tu saurais que tu as bien agi. Mais si tu étais encore là pour réfléchir, c’est bien que tu n’aurais pas tout détruit. Tu serais toujours là, toi, régnant sur les décombres avec des idées toutes fraîches dans ta tête. Et tout recommencerait. Alors, il faut que tu y passes, toi aussi ! C'est cela, être logique jusqu'au bout, cohérent, rationnel jusque dans la passion. Eh bien il faut te tuer maintenant ! Non ? Tu n'en a pas la force ? Pas le courage ? C'est bien ça, le problème avec toi. Tu ne vas jamais au bout de tes idées.

Tu ne sais apprécier, Humanité chérie, que les substances qui attachent. L'alcool, la drogue, la religion, la morale, le travail, l'argent, l'amour. Pour toi, la vie consiste à chercher la formule du bonheur. Mais le pire, c'est que lorsque tu as trouvé une formule, soit tu la gardes frénétiquement pour toi, soit tu la vends, en estimant que les autres sont stupides s'ils n'arrivent pas à la mettre en application à leur tour. C’est vrai, tu aimes être heureuse, Humanité chérie. Parce que tu as compris qu’il ne faut pas être malheureux trop longtemps. Parce que les gens malheureux ne sortent plus de chez eux et ne consomment plus. Et s'ils deviennent trop malheureux, ils meurent. Et un mort ne fait pas tourner l'économie. Ton manque de respect pour les êtres vivants se prolonge après leur mort, que tu jalouses parce qu'elle constitue le moment le plus personnel de l'existence, celui contre lequel tu es enfin impuissante.

Tu m'en veux de te dire tout ça, Humanité chérie ? Je n'ai pas l'intention de te faire de la peine, mais je voulais savoir si tu t'en rendais compte.

Sais-tu au moins pourquoi tu es malheureuse, Humanité chérie ? Parce que tu voulais être artiste ? Alors là, c’est la plus belle réponse que tu pouvais faire ! Mais si tu avais été artiste, tu aurais créé les règles de ton propre plaisir, tu aurais mené tes propres expériences sans rendre de comptes à personne. L'art est un bon moyen pour ça, mais c’est un moyen limité, parce qu'il y a déjà longtemps qu'il est intégré dans tes lois. Pour toi, un artiste, c'est juste un original plus entier que les autres, mais plus sourd aussi, qui s'entête dans sa conception obscure jusqu'à ce qu'elle soit reconnue ou jusqu'à ce qu'il en meure. Et les artistes, tu n’en vois que quelques uns en ignorant les autres, ceux qui n'ont pas les moyens de faire du tapage médiatique ou ceux qui ne veulent pas en faire, ceux qui n'ont pas eu la chance de naître riches et qui resteront pauvres jusqu'au bout, parce que tu n'accordes de la valeur qu'à ce qui en a déjà à tes yeux.

Quand comprendras-tu, Humanité chérie, que tes meilleurs éléments ne sont que des squelettes emmaillotés d'étiquettes sociales ? Les êtres que tu fabriques à tour de bras sont ceux qui torturent leurs semblables dans la journée et caressent la tête de leurs enfants le soir. Ce sont eux aussi qui recueillent les chiens affamés et les oiseaux blessés mais pas les orphelins.

Humanité chérie, tu ramènes toutes tes pensées à une seule valeur que tu juges inaliénable : toi-même. Tu places ton existence au-dessus de tout le reste. Tu vas encore me dire que la vie en société est la seule valeur importante. Mais ne me fais pas croire que tu vis réellement en société. Ne me fais pas croire que tu accordes la même valeur à tous les êtres humains sans distinction ni préjugé. Ne me fais pas croire que tu ne défendrais pas jusqu'à la mort l'une ou l'autre valeur à laquelle tu crois tenir, sans jamais t'être demandée si elle en valait vraiment la peine. Ne me fais pas croire que tout ce que tu fais est destiné au bonheur des générations suivantes. Ne me fais pas croire que tu aimes recevoir des ordres, des instructions, des coups ou des leçons. Ne me fais pas croire que tu aimes recevoir des conseils.

Humanité chérie, tu crois nager dans le bonheur mais tu nages dans un bocal de formol. Tu aimes qu'on te mette en valeur, ça prouve bien que tu n'en as pas. Tu aimes contredire systématiquement l'autorité pour faire croire que tu es insoumise, tu aimes posséder mais tu n'aimes pas te faire posséder, tu dis que tous les hommes naissent libres et égaux, mais tu ne leur distribues pas les mêmes richesses à la naissance, tu dénonces les injustices mais tu caches soigneusement les tiennes. Quand tu découvres un crime, un génocide, une pollution, tu cherches aussitôt un coupable, mais quand tu découvres que c'est toi-même qui es responsable, tu demandes pardon à tes victimes dont on entend cliqueter les os depuis le fond des charniers de l'histoire.

Humanité chérie, pourquoi préfères-tu croire plutôt que savoir ? As-tu seulement songé à vérifier une seule fois la véracité ou l'authenticité de ce que tes anciens racontent et vendent ? Tu crois que la Bible est un livre d'histoire, le Coran un livre de lois, le Tao un livre de sagesse. Mais pourquoi ne vois-tu pas que leurs interprétations ne font qu’enseigner la soumission à un ordre social voulu par quelques-unes de tes créatures ? Tu ériges en monuments des instruments de propagande, tu bâtis des religions sur des sectes dont le fondement est un mélange de ta superstition et de ta crédulité. Tu fondes des lois sur tes goûts personnels et tu voues ta haine à ceux qui n'ont pas les mêmes goûts que toi. Lorsque tu grandis au sein d'une croyance, tu l'acceptes et tu te laisses aller à y croire. Si elle finit par heurter tes convictions, tu la renies et tu croies rester toi-même.

Humanité chérie, tu n'arrives pas à comprendre que certaines de tes créatures puissent ne pas avoir envie d'être dans ta normalité. Tu aimes avoir des rituels à accomplir, des idéaux à suivre, des modèles à imiter. Tu n'enseignes pas la liberté, tu la vends en sachets lyophilisés. Il suffit d'y ajouter du liquide qu’on appelle argent pour la reconvertir en un produit agréable, doux et indispensable. Au tiers-monde, tu envoies les cargaisons périmées et les vaccins au rabais. Alors de temps en temps, pour remercier ces femmes et ces hommes qui ont choisi de sacrifier leur existence pour que tu puisses garder la conscience tranquille, tu leur offres une caresse médiatique qui prend la forme d’un prix Nobel.

Humanité chérie, les trois pires choses que tu sais produire sont les pauvres, les armes et les excuses. Mais quelle excuse trouveras-tu à l'esclavage ignoble que ta moitié mâle a inventé pour s'accorder le temps de créer sa propre liberté pendant que ta moitié femelle veillait sans rien dire à la survie de l'espèce dominante ? Auras-tu un jour le courage d'avouer que tes mâles regardent tes femelles se vider d'elles-mêmes pour prendre leur place ? Que la quasi-totalité de tes institutions et surtout tes institutions religieuses ont pour unique but d'enseigner la soumission de tes femelles et les moyens d'y prendre plaisir ? Décideras-tu un jour de faire amende honorable pour ce crime ? Auras-tu un jour le courage de t'en accuser toi-même ? Demanderas-tu un jour pardon pour cette atrocité-là ? Mais comment le pourrais-tu, puisque tu ne comprends pas de quoi je parle ? Pour toi, la hiérarchie est si naturelle, si normale. D’ailleurs, tu vas me dire que les animaux la pratiquent sans réfléchir, eux. Et une fois de plus, tu oublies que tes créatures ne sont pas des animaux.

Humanité chérie, comprends-tu pourquoi je veux te quitter et ne jamais te revoir ?

Humanité chérie, tu poses toujours les mêmes questions : « Qui suis-je ? Où vais-je ? Que faire ? Dieu existe-t-il ? Pourquoi ? Suis-je seule dans l’Univers ? » Tu es une spécialiste des questions insolubles et vaines. Pour y répondre, tu à recours à toutes les inepties et tu consacres toute ton énergie à en inventer.

Tu as un autre problème, Humanité chérie, tu crains tout. La solitude, la misère, l'ignorance, la bêtise, la guerre, la mort, la différence. Quant à l'angoisse, tu ne te contentes pas seulement de l'éprouver, tu la cultives, tu t'en nourris et tu la revends de force à ceux qui n'ont pas le temps d'apprendre à s'en passer. Et pourtant, on se passe très bien d'angoisse. Tu es presque belle dans ton costume d'innocence autoproclamée. Tu voudrais que je t'aime pour ta beauté, tu voudrais que je t’aime parce que je suis né en ton sein. Mais tu ne me donnes aucune raison de t'aimer. Tu ne m'accordes même pas la liberté d'y penser. Tu m'imposes ton langage dont l'étroitesse diminue la largeur d'esprit. Tu fais tout ce que tu peux pour que je finisse par confondre naturel et normal, tu ne reconnais que tes propres valeurs.

Si tu continues, tu finiras par pourrir sur pied, Humanité chérie. J'aimerais tant que tu puisses t'éviter cette fin. Mais j'ai un peu étudié ton histoire. Il est difficile de rester impassible devant la liste de tes horreurs. Le résultat est assez simple. Tu finis toujours par faire crever les cultures sur pied. Après quoi, d'autres cultures viennent, arrachent les plants morts, sèment leurs propres valeurs. A la première récolte, tes créatures croient que tout a changé parce que le goût de leur nourriture a changé. Mais tu aimes toujours autant les symboles, les traditions, les habitudes, tout ce qui éloigne de la réalité.

Ta conscience est complètement endormie, Humanité chérie. Elle est incapable de te prévenir de ce qui passe autour de toi ni en toi. Alors tu ne quittes plus ton miroir, et tu te nourris de ton image. Et pendant que tu es fascinée, captivée par ton image, sans jamais pouvoir vérifier qu'il s'agit bien de la tienne, les porteurs d'uniformes te font les poches. J'ai brisé le miroir que tu me présentais. Il fait très froid derrière. La réalité est très délicate. Et comme nous ne sommes pas nombreux à la peupler, cette réalité, il y fait un peu sombre aussi. Mais c'est parce que je suis trop habitué aux lumières artificielles. Tout ce qu'il faut pour apprendre à aimer ça, c'est un peu de temps. Or, le temps, c'est justement la seule chose que tu ne pourras jamais produire. Mais j'hésite à t'inviter derrière le miroir. Pourras-tu abandonner ton existence bien meublée de valeurs sures, briser la glace d'un bon coup de tête ? Si tu y parviens, tu commenceras à comprendre la différence. Et surtout, tu te rendras compte que la vie a un parfum, un parfum infiniment riche dont tu ne connais que les arômes artificiels. Ce parfum, c'est celui de la liberté.

Humanité chérie, aujourd’hui je te trouve laide, mais pour toi ce n’est pas grave puisque tu fixes toi-même les canons de ta beauté. Tu vas même jusqu'à croire qu'il existe une beauté universelle et intemporelle.

Humanité chérie, je vais disparaître dans un nuage de perplexité. Mon absence, tu ne la remarqueras même pas. Tu m'as rarement adressé la parole. Je ne devais pas être à ton goût. Tu ne pourras pas me retenir par l'argent, le seul lien universel que tu n’aies jamais réussi à établir entre tes créatures. Je t'ai bien observée pendant toutes ces années de vie commune. Tu ne penses jamais. A ton travail, tu réfléchis un peu, mais toujours sur les mêmes choses, toujours dans des limites bien établies, et presque toujours pour le compte de quelqu'un d'autre. Chez toi, tu te reposes, tu manges, tu regardes la télévision, tu feuillettes des magazines, tu lis les publicités qui encombrent ta boîte à lettres, ta boîte à lettres qui n’en reçoit presque jamais, de lettres, et qui sert surtout à recevoir des factures que tu payes en rechignant mais que tu payes quand même, et quand tout cela est terminé, tu dors. Avec tes amis, que la plupart du temps, tu as choisi par défaut, tu penses faire la fête. Mais quand tu t'ennuies dans une soirée, tu dis que c'est la faute à tes amis qui l'ont organisée. Jamais tu ne songeras à t'accorder une part égale de responsabilité dans l'échec, alors que tu en fais partie.

Humanité chérie, tu es persuadée que penser est fatigant. Comme si le cerveau était un muscle. Mais il n’a pas besoin d'énergie, le cerveau, seulement d'intelligence. En cherchant, tu trouves des idées dont chacune est en mesure de te faire changer. Seulement, tu crois que si tu changeais de vie, quelqu'un d'autre surgirait du néant pour prendre ta place, après quoi, tu devrais te battre pour la reprendre, pour que tout redevienne comme avant. Autant dire que tu ne changes jamais réellement. Alors tu restes à ta place, identique, bien tranquille, et tu appelles ça le bonheur, et il se referme doucement sur toi comme un couvercle, sans claquer pour ne pas te réveiller. Quand tu as par hasard le temps de faire travailler un peu ton esprit, tu te contentes d'élire des modèles à suivre, de choisir des idéaux à imiter. Tu aimes tellement les symboles.

Humanité chérie, l'Univers t'avait donné la chance de savoir parler, tu n'aspires qu'à aboyer. Il t’avait faite intelligente, tu ne fais que t'abrutir. Il te voulait pacifique, tu n'as appris qu'à te battre. Tu maintiens tes créatures en esclavage en les persuadant de leur incapacité à être libres. Tes guerres ne sont que d’ignobles bagarres, tes révolutions ne changent pas les maîtres, mais leur costume.

Humanité chérie, tu n'es spécialisée que dans la croyance. C'est avec elle que tu officies, que tu administres et que tu domines la Terre. C’est incroyable tout ce que tu peux croire. Tu crois que le temps, c'est de l'argent, comme si on savait produire du temps. Tu crois qu'on n'échappe pas à son destin, mais tu n’essaies pas. Tu crois qu'on peut mourir par manque d'amour, mais tu n'en donnes pas à ceux qui en ont besoin. Tu crois que c'est toi qui es bien et que les autres sont mauvais. Tu crois que le bonheur, c'est l'absence de souffrance. Tu crois que la guerre est une chose sérieuse, alors que c'est seulement le jeu le plus méprisable que tu aies inventé. Tu crois qu'il faut souffrir pour être belle, par compensation pour ceux qui souffrent d'être laids. Tu crois que la beauté est un critère universel, alors que ta beauté d'aujourd'hui t'aurait peut-être valu le bûcher il y a quelques siècles, ou qu'elle sera considérée comme une folie dans cinquante ans. Tu crois que l'argent ne fait pas le bonheur, mais tu le laisses quand même aux riches. Tu crois que la férocité est une solution rapide et efficace, ça prouve que tu n'as pas fini d'être animal. Tu crois que vouloir c'est pouvoir, mais tu ne sais pas ce que tu veux. Tu crois qu'après ta mort, tu iras au paradis et que les méchants iront en enfer, mais c’est toi qui fais de la vie des autres un enfer. Tu crois tout ce qu'on te dit, si c'est crié assez fort et facile à retenir. Tu crois que la publicité est un art, alors tu ne vas plus au musée. Tu crois qu'il n'y a pas de sot métier, mais tu méprises les ouvriers. Tu crois qu'il faut toujours être sur la défensive, même si personne ne t'attaque. Tu crois que le goût du public existe, mais tu achètes ce qu’on te dit d’acheter. Tu crois que tu es trop bête pour tout comprendre, mais tu ne cherches pas à savoir. Tu crois que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, alors que l’avenir appartient à tout le monde. Tu crois que les images sont plus objectives que les mots, alors tu ne lis pas. Tu crois que penser donne la migraine, alors tu ne penses pas. Tu crois que l'on n'est jamais si bien servi que par soi-même, mais tu vénères les gens dont tu dépends. Tu crois qu'il faut confier aux prêtres, aux curés, aux imams, aux rabbins le soin de s'occuper de ton âme, mais tu ne sais pas ce qu'est l'âme. Tu crois toujours que l'obstination est une qualité, que le conformisme est une vertu, que l'obéissance est un plaisir. Tu ne crois jamais à ce qu'on te dit, mais seulement à qui te le dit. Tu crois qu'il est nécessaire d'attribuer des valeurs aux choses et plus tard aux gens. Tu crois qu'il faut gouverner tes créatures parce que tu les juges trop ignorantes. Tu en es même arrivée à croire que c'est l'argent qui les rend libres.

Humanité chérie, Il faudra m’expliquer pourquoi tu accordes une autorité politique à des autorités religieuses sous le seul prétexte qu'elles existent depuis longtemps. Pourquoi tu accordes un territoire à un peuple exilé sur la seule foi d'un vieux recueil de poèmes et de coutumes obsolètes. Pourquoi tu refuses un territoire à un autre peuple exilé parce qu’il n’est pas cité dans la Bible. Pourquoi tu laisses faire au lieu de faire. Pourquoi tu laisses dire au lieu de parler. Pourquoi tu déclares au lieu de conseiller. En fait, tu vis par peur de mourir, tu aimes par peur de vivre, tu détruis par peur de construire, tu manges par peur d'avoir faim, tu respires par peur d’asphyxier, tu mens par peur de vérité, tu frappes par peur des caresses, tu admires par peur d'aimer, tu t’enrichis par peur de misère, tu échanges par peur de partager, tu baisses les yeux par peur du regard des autres, tu t'injectes des hallucinations par peur de la réalité, tu vends par peur de donner, tu tues par peur de souffrir, tu violes par peur du sexe opposé, tu meurs par peur de la vie.

Et en plus, Humanité chérie, tu enseignes la servitude au lieu de la confiance, la dépendance au lieu de l'autonomie, la consolation au lieu de l'amour, l'existence au lieu de la vie, la production au lieu de la création, la forme au lieu du fond, la quantité au lieu de la qualité, la discussion au lieu du dialogue, la reconnaissance au lieu de la connaissance, la croyance au lieu du savoir, l'échange au lieu du partage, le langage au lieu de la pensée, le symbole au lieu du sens, la transe au lieu du rythme, les stupéfiants au lieu de la curiosité, les illusions au lieu de l’imagination, l'hébétude au lieu de la joie, la démocratie au lieu de la liberté, le destin au lieu de la destinée, le confort au lieu du plaisir.

Humanité chérie, tu es seule au sommet d'une pyramide presque entièrement constituée des cadavres de ceux qui t'ont sacrifié leur confiance et leur vie. Ta liberté a le goût du sang et ta vérité a le tranchant du couteau. Ton rêve est le cauchemar des autres. Si l'on enlève à tes civilisations tous les gadgets qu'elles ont produit depuis ton origine, il ne restera que quelques outils inconnus. Avant d'avoir fabriqué des produits de substitution, tu as d'abord créé des frustrations. C'est aussi à cause de cela que je te quitte. Parce que tu ne m'as élevé qu’avec des frustrations. Pendant toutes ces années, tu m'as abreuvé de tes croyances auxquelles tu ne croyais pas toi-même.

Humanité chérie, tu es persuadée d'avoir une place bien à toi dans l'Univers. Une place que tu aurais conquise ou dont tu aurais hérité par droit divin. Une place que tu dois défendre parce que c'est ton rôle, ton coin de paradis, ton devoir. Mais défendre contre quoi, contre qui ? Alors tu rêves d’aventure. Tu rêves de partir dans l’espace, de conquérir l’Univers. Quelle prétention !

Humanité chérie, tu te crois universelle. Mais tu n’es que terrienne. Tu n’es qu’un infime et négligeable grain de poussière perdu dans une immensité que tu n’arrives même pas à concevoir tant ton esprit est étroit. Si un jour tu découvrais que tu as une rivale, quelque part dans cette immensité universelle, ta seule crainte serait qu’elle soit plus intelligente et plus belle que toi.

Alors Humanité chérie, tu as bien cru que j’allais te quitter ! Mais pour aller où ? Car vois-tu, te quitter constitue un acte irréversible. As-tu pensé une seule seconde que je serais assez stupide au point de me sacrifier à cause de toi ?

Je viens de me rappeler que je faisais partie de toi.

 Quant à cette lettre, fais comme si elle avait la peste.

 Brûle-la.   

Par Jean-Claude Blanchard - Publié dans : admeo
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 20:52

Voici une histoire brève qui montre l’immaturité de la race humaine pour relativiser sur le temps qui passe et la bêtise des gens.

 

15 milliards d’années se sont écoulées entre la création de l’univers et l’arrivée de l’être humain (tel qu’on le connaît) sur la Terre.

 

Supposons que l’on ramène ces 15 milliards d’années à l’échelle d’une année de 365 jours. Voilà ce que ça donne :

 

Le 1er janvier à zéro heure, zéro minute, zéro seconde, c’est le Big-Bang.

Le 1er avril, les galaxies sont presque formées et la Voie lactée est achevée.

Le 1er septembre, un nuage interstellaire s’effondre et donne naissance à une grosse poignée d’étoiles, dont le Soleil.

Le 15 septembre, tout le système solaire est achevé.

Le 1er octobre, sur une planète de ce système, que les humains appelleront Terre, apparaissent les premiers êtres identifiés. Puis la vie évolue dans les océans de cette planète.

Le 15 décembre, des êtres multicellulaires se forment.

Le 20 décembre, certains animaux arrivent à sortir des océans.

Le 26 décembre, les dinosaures commencent leur long règne sans partage de cent soixante millions d’années.

Le 31 décembre à 7 heures, c’est l’extinction des dinosaures.

Le 31 décembre à 14 heures, le premier singe descend de son arbre.

Le 31 décembre à 22 heures, Lucy, l’australopithèque, découverte en 1974 et reconnue comme le squelette le plus ancien de l’humanité, apparaît.

Le 31 décembre à 23 heures, 59 minutes et 50 secondes, la civilisation des hommes arrive

Le 31 décembre à 23 heures, 59 minutes et 59 secondes, surgit l’Homme du XXème siècle

 

La race humaine n’apparaît que dans la toute dernière seconde du dernier jour de la première l’année.

 

Aujourd’hui, nous sommes le 31 décembre de la première année, à la fin de la dernière seconde, juste avant minuit.

 

Que va-t-il se passer dans la première seconde du premier jour de la deuxième année ?

Par Jean-Claude Blanchard - Publié dans : admeo
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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 20:48

Hier soir, j’ai laissé mes mains peindre. Ce soir, je laisse mes mains écrire. Chaque soir, dès que je peux, je laisse mes mains créer. Elles sont tellement heureuses de pouvoir s'exprimer spontanément, sans contrainte, simplement animées de l’envie de partager le bonheur qu’elles ont de pouvoir créer. C’est inouï, le pouvoir de créer du bonheur.

         Du bonheur, oui, mais quel bonheur ? Au fait, c’est quoi, le bonheur ?

 

Le bonheur n’est pas une habitude. L’habitude, c’est pourtant de s’intéresser au malheur. Mais un malheur n’est pas le bonheur.

          Même si on s’intéresse au malheur des autres. C’est cependant le malheur qui fait vendre, pas le bonheur. J’ai découvert que le bonheur éprouvé par le commun des mortels n'a rien à voir avec le vrai bonheur. C’est un bonheur qui est toujours dépendant de quelque chose, d'un événement ou de quelqu'un. Il est très fragile parce qu’il peut être arraché à tout instant. Mais le bonheur de mes mains, c’est mon bonheur à moi, un bonheur que personne ne peut arracher. Ce bonheur-là, c’est le bonheur d'être soi-même, en harmonie avec sa propre nature. Ce bonheur-là n’est pas un bonheur extérieur. C'est un bonheur intérieur, un torrent de bien-être qui coule avec limpidité dans les sinuosités de l’esprit. Ce bonheur-là, il faut faire l'effort d'aller le chercher, à l'intérieur de soi, dans le monde intérieur, et non pas dans des éléments extérieurs qui ne savent que procurer un bonheur matériel, passager et totalement soumis. Ce bonheur-là n'a rien à voir avec le matériel. Plus on possède, plus on veut posséder mais on n’est pas plus heureux, parce que tant qu’on ne possède pas plus, on est pas heureux, on est envieux. Et tant qu’on est envieux on est malheureux.

 

  

         Le bonheur n’est pas sur Terre. La Terre, c’est pourtant un formidable cadeau. Mais un cadeau n’est pas le bonheur.

La planète Terre, jusqu’à preuve du contraire, n’a rien de comparable dans l’Univers. C’est un magnifique gâteau offert en partage aux créatures locataires de la planète. Un énorme gâteau, gratuit, assez énorme pour satisfaire l’appétit de toutes les espèces. Il suffisait juste de se servir en partageant équitablement et raisonnablement. Et bien une espèce dominante appelée espèce humaine n’a pas respecté ces règles pourtant pleines de bon sens. Elle a décidé que ceux qui voulaient manger du gâteau devaient le gagner. Alors il y a des clubs qui se sont formés. On les appelle pays, sociétés, partis, églises, mouvements... Il y a le club de ceux qui ont vu le gâteau en premier, le club de ceux qui sont plus près du gâteau, le club de ceux qui pensent que le gâteau est à eux, le club de ceux qui pensent avoir besoin de plus de gâteau, le club de ceux qui cherchent à savoir si le gâteau est vrai ou faux… Et pourtant, c’est tellement bon de manger le gâteau de la vie. On ne devrait avoir besoin de la permission de personne. Mais l’être humain n’a pas décidé lui-même d’être compliqué, c’est sa nature. Alors que la vie n’aspire qu’à être mangée, pour pouvoir se renouveler, pour que le prochain gâteau puisse arriver. C’est ça qui est magique : quand le gâteau est fini, la vie en amène un autre, et ainsi de suite.

  

Le bonheur n’est pas dans l’immobilisme. L’immobilisme, c’est pourtant la prudence. Mais la prudence n’est pas le bonheur.

          Il faut voyager à l’intérieur de la vie. La vie est un voyage dans lequel l’être humain est un touriste. Il arrive un beau jour sans passeport ni visa, pour découvrir une contrée fabuleuse qui s’appelle la vie. Et plus il voyage, plus il apprend, plus il comprend, plus il regarde, plus il communique, plus il dialogue, alors plus il est vivant. S’il vient à contracter la maladie de la routine, il se retrouve au lit pour le reste de sa vie, sans joie et sans passion. Le voyage de l’être humain, c’est de découvrir lui-même qui il est, quel est son talent, quelle est sa nature. Si sa nature est d'être un artiste et qu’il est devenu un ingénieur d’études parce que ses parents l'ont poussé à en devenir un sans se soucier si cela correspondait à sa nature, il risque d’être toujours malheureux. Une partie fondamentale de son être ne sera jamais satisfaite, ce qui produira en lui un sentiment de quelque chose de raté. Alors, il faut que sa vraie nature ressorte un jour où l’autre. Chaque être humain a une nature à développer et à réaliser. Si personne ne s’interpose, une graine de fleur devient une fleur. Les premières années de la vie de l’être humain sont très importantes pour sa découverte intérieure. Or on n’apprend pas aux enfants à être eux-mêmes, on leur apprend à être quelqu’un. On base l’essentiel de leur éducation sur l'ambition et la compétition, mais pas sur la recherche de leur individualité et leur nature. On considère intelligent celui qui a la possibilité de mémoriser le plus d'informations, alors que l'intuition, les sentiments, la sensibilité, sont considérés comme des valeurs secondaires.

 

         Le bonheur n’est pas dans la routine. La routine, c’est pourtant la tranquillité. Mais la tranquillité n’est pas le bonheur.

         C'est étonnant comme l’être humain a peur du changement et de la nouveauté. Il s’est créé une vie de routine où tout est programmé, prévu, aseptisé et sécurisé. Ainsi il pense être heureux. Pourtant, le changement est la valeur fondamentale de la vie. Chaque instant est nouveau, tout change et c'est bien ce qui fait la beauté de la vie. L’un des éléments indispensables au bonheur est d’apprendre à aimer le changement. Le bonheur est une surprise, il ne se prévoit pas, il ne se prépare pas, il survient. Une vie monotone n’a pas de goût. Etre heureux c'est être présent en étant conscient de chaque moment qui passe. Etre heureux c’est être flexible au changements de la vie. Le bonheur est la récompense de celui qui vit des moments d’exception, des moments rares, qui embrasse la vie dans sa totalité. Etre heureux, c'est être soi-même, accepter et surtout ne pas comparer. La comparaison ne sert à rien puisque chaque être est unique, chaque minute est unique, chaque jour est unique, chaque être est un changement, chaque minute est un changement, chaque jour est un changement.

          Ce soir, le bonheur est dans mes mains, parce que mes mains créent. Et créer c'est être en contact direct avec la vie. Chaque être a en lui un talent qui a besoin de s'exprimer. Quand mes mains créent, c’est tout mon être qui crée, qui est harmonie, en communion. Mes mains créent des mots qui deviennent des textes. Elles créent des esquisses qui deviennent des tableaux. Je ne suis pourtant pas ce que l'on peut appeler un écrivain ou un peintre mais il se trouve que j'ai découvert cette capacité en moi, qui demande à mes mains de créer des écrits et des toiles. Donc je les laisse s'exprimer pour mon seul plaisir. Par pur bonheur. Sans ambition. Simplement pour utiliser cette aptitude naturelle. C'est un bonheur immense quand le texte arrive à sa fin, ou quand je mets la dernière touche au tableau, même si j’extériorise toujours une certaine insatisfaction. Tout ce qui provoque en moi un sentiment de bonheur a quelque chose à voir avec ma nature. Dès que mon être se remplit de bonheur, je sais que j'ai touché le centre de moi-même. Quand je touche le centre de mon être, la vie devient un immense plaisir, une joie sans fin, une aventure qui n'en finit pas, parce que je vis intensément chaque moment. Je suis toujours dans mon maintenant, il n'y a pas d'autre temps. Mon instant présent est furtif mais éternel. Il a été, il est, et il sera toujours mon maintenant. C’est pour cela que je n’ai pas un instant à perdre et que je ne perds aucun instant. Mon bonheur est dans l’instant. Pas dans mon passé qui n’existe plus ni dans mon avenir qui n’existe pas encore et dont je ne peux rien présager.

 

Alors mes mains créent. Dans l’instant, mais pour l’éternité.

              C’est ça, mon bonheur.

         C’est ça, le bonheur. Etre soi-même et s’en satisfaire.

 

Par Jean-Claude Blanchard - Publié dans : admeo
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